“Bloquons tout”, Montpellier mobilisé


À Montpellier, c’est un peu plus de 6 000 personnes que le mouvement “Bloquons tout” a rassemblé dans les rues ce mercredi 10 septembre. Lancée dans l’été, la mobilisation avait pour objectif d’affirmer le mécontentement des Français face à un gouvernement instable et des mesures vivement critiquées, telle que celles autour du budget.


Crédit: Chiara Josseau-Beluffi


Dès 6 heures ce matin, une centaine de manifestants se sont retrouvés au rond-point des Près d’Arènes pour bloquer la route. Le rond point de Gignac et le Super U de Lodève ont eux aussi été pris d’assaut. C’est alors que les premiers affrontements entre manifestants et forces de l’ordre ont éclaté, permettant de débloquer les quelques axes routiers. 


En parallèle, une cinquantaine d’étudiants ont bloqué l’université Paul Valéry tôt ce matin, rendant impossible le déroulement des cours. Un blocus avait été organisé la veille lors d’une assemblée générale regroupant deux cent cinquante étudiants pour exprimer leur mécontentement de la politique budgétaire du gouvernement. Les lycéens ont eux aussi participé à la mobilisation pour dénoncer le manque de moyen dans l’Education nationale. Ainsi quatre lycées ont été bloqués tôt dans la matinée : Jules Guesde, Clémenceau, Joffre et Jean Monnet.



Crédit: Chiara Josseau-Beluffi


À 11 heures, les manifestants, parmi lesquels des associations et des syndicats, se sont retrouvés place de la Comédie avant que le cortège ne se mette en marche aux alentours de midi. C’est dans une ambiance animée, chaleureuse et militante que les étudiants, les salariés de l’Education nationale, le personnel du CHU et bien d’autres secteurs ont déambulé dans le centre de Montpellier. La manifestation a pris fin vers 13 heures place de la Comédie dans un climat tendu et violent. Face aux propos hostiles à la police scandés par la foule, les CRS ont eu recours aux gaz lacrymogènes et à l’engin lanceur d’eau pour disperser les derniers manifestants. 


Dans un communiqué publié à 14 heures, le préfet de l’Hérault a annoncé le déblocage partiel de l’université Paul Valéry ainsi que la réouverture complète des lycées.

Le bilan provisoire s’élève à trois blessés légers du côté des manifestants et deux du côté des CRS, vingt-deux interpellations dont au moins neuf gardes à vue et de nombreuses dégradations matérielles. Au total, sept cent cinquante gendarmes et policiers ont été déployés, ainsi qu’une centaine de pompiers.


Crédit: Chiara Josseau-Beluffi


À 18 heures, sept heures après le rassemblement, environ cinq cent manifestants sont encore dans les rues de Montpellier dont une cinquantaine devant le commissariat central de police. Les affrontements entre black bloc et forces de l’ordre se sont poursuivis, décrédibilisant l’objectif premier de la mobilisation lancée dans tout le pays. 

                                                        Chiara Josseau-Beluffi



Commentaires

Articles les plus consultés