À TRAVERS LE MONDE ENTIER, LA COMMUNAUTÉ QUEER EST CHASSÉE

La mort du Pape François à Pâques n'avait fait qu’accentuer les peurs des communautés minoritaires, et parmi elles, la communauté LGBT. En effet, ses fidèles qualifiaient ce souverain pontife des plus “humanistes” et “tolérants”, il était le premier Pape à adopter une certaine ouverture d’esprit quant aux homosexuels notamment en acceptant leur bénédiction, et son “Qui suis-je pour [les] juger ?”. Le conclave lancé était le début d'un climat d'inquiétude des communautés minorées


L'incarnation de cette inquiétude a été le cardinal guinéen Robert Sarah. Un papabili des plus conservateurs et extrême, qui a alertait déjà les minorités sexuelles. Le conclave d'un pape conservateur inquiète surtout car il s'ajoutait à une atmosphère hostile à la communauté queer. L’amendement de la définition légale d’une femme selon son sexe biologique au Royaume-Uni, le projet de retirer le versement de fonds à la ligne de soutien nationale en prévention du suicide pour les queers au États-Unis, le projet de loi interdisant l’adoption aux couples homosexuels en Slovaquie… Les droits de la communautré queer qui semblaient aujourd’hui acquis doivent en réalité continuer d’être défendus.


 En réponse à ces décisions conservatrices, les communautés trans, gay, lesbienne ou plus largement queer se mobilisent pour défendre leurs droits. Le dimanche 20 avril, dans le centre de Londres, une manifestation de 7 000 personnes s’est organisée, elle ne célébrait ni Pâques ni le Pape mais dénonçait le gouvernement britannique et défendait la communauté trans. “Les femmes trans sont des femmes !”, “La misogynie trans reste de la misogynie” ou encore “Protéger la jeunesse trans” sont des slogans qu’on a pu retrouver arborés sur des pancartes lors de cette manifestation. En mars dernier, À New York dans le quartier de Greenwich Village, se sont réunis des centaines de manifestants devant la Stonewall Inn, un lieu emblématique de la lutte queer des années 70, afin d’effectuer une “veillée trans inclusive” qui avait pour but de visbiliser la communauté trans au sein de la société. Sur le réseau Tik Tok, un hashtag est né : #ProtectTransKids sous lequel des milliers de messages de soutien ont été partagés. L’activisme numérique a aussi son importance dans la mobilisation d’abord parce qu’elle ignore les barrières géographiques, mais aussi parce que les droits des personnes queers doivent être défendus sur Internet également : par exemple beaucoup de créateurs de contenus LGBT+  sont “shadowban”, c’est-à-dire que leur contenu est moins mis en avant par l’algorithme à cause de leur identité sexuelle. Et enfin, cet été, après l’interdiction de la marche des fiertés en Hongrie par le gouvernement de Viktor Orbán, entre 100 000 et 200 000 personnes du monde entier s’étaient rassemblé pour défiler dans les rues de Budapest en soutien aux communautés sexuelles minoritaires, ironiquement, en cherchant à fracturer la communauté, le gouvernement hongrois a créer le plus grand rassemblement LGBTQIA+ de l’histoire de son pays.


Un manifestant lors de la Pride de Budapest, le 28 juin 2025.  © Rudolf Karancsi, AP

Certaines célébrités ont exprimé de nouveau leur soutien à la communauté trans suite à toutes les attaques qu’elle subit, notamment la popstar Troye Sivan au festival Coachella, l’acteur Pedro Pascal avec leur fameux t-shirt Protect The Dolls du créateur Conan Ives, dont les fonds sont intégralement reversés à une association en soutien à la communauté trans. Les “dolls” étant le surnom des femmes transgenres donné par la culture ballroom dans les années 80. Dernièrement, la chanteuse pop Sabrina Carpenter a mis en avant des personnes trans et drag queens dans une de ses performances scéniques. 


Sabrina Carpenter advocated for the trans community with an electrifying performance of her latest single, Tears, at the 2025 MTV VMAs.  © Arturo Holmes / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP


Une période cruciale est donc en train de se jouer pour le combat des droits LGBT+ car ceux-ci vacillent. La société assiste à un recul politique à travers le monde entier qui entraîne des violences systémiques envers des minorités, notamment sexuelles. 

La question n’est donc pas de savoir si les droits queer sont “menacés” puisqu’ils le sont déjà. Mais plutôt de savoir comment les défendre. 

Écrit le 10/09.
Pinard Jules


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